La sécurité et souveraineté alimentaires en manioc s’imposent aujourd’hui comme des enjeux majeurs pour les économies agricoles africaines, et particulièrement pour la Côte d’Ivoire. Face à la croissance démographique, aux défis climatiques et à la volatilité des marchés, la structuration des filières vivrières devient une priorité stratégique. C’est dans ce contexte que l’Interprofession de la filière Manioc (OIA Manioc) a été officiellement lancée le mardi 27 janvier 2026 à Abidjan-Marcory, marquant un tournant décisif vers une organisation plus performante et durable du secteur.
Ce lancement, annoncé comme un véritable changement de paradigme, vise à renforcer la gouvernance, l’industrialisation et le rayonnement régional de la filière manioc afin d’atteindre une sécurité et souveraineté alimentaires en manioc solides et durables.
Une table ronde stratégique pour l’avenir de la filière manioc
La cérémonie de lancement de l’OIA Manioc s’est déroulée au cours d’une table ronde réunissant l’ensemble des acteurs clés de la chaîne de valeur : pouvoirs publics, partenaires techniques et financiers, institutions financières, secteur privé, producteurs, transformateurs et commerçants.
Présidée par Clément Tiegnon, sous-directeur des Chambres consulaires et de la professionnalisation au ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, cette rencontre a permis de poser les bases d’un dialogue structuré autour des défis et opportunités liés à la sécurité et souveraineté alimentaires en manioc.
OIA Manioc : une vision claire pour les trois prochaines années
Selon Yedoh Kévin Nomel, président du Conseil d’Administration de l’OIA Manioc, l’interprofession s’est fixé des objectifs précis pour les trois prochaines années. Il s’agira notamment de :
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Consolider la gouvernance de la filière
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Établir une cartographie précise des acteurs et des zones de production
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Mettre en place des mécanismes fiables de collecte de données et de traçabilité
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Structurer des mécanismes de financement adaptés à chaque maillon de la chaîne
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Déployer des standards de qualité harmonisés
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Sécuriser les contrats d’approvisionnement
Ces actions visent à professionnaliser la filière et à renforcer durablement la sécurité et souveraineté alimentaires en manioc, tout en améliorant la compétitivité du secteur à l’échelle régionale.
D’une filière fragmentée à une filière organisée et ambitieuse
Le lancement de l’OIA Manioc marque une rupture avec l’organisation traditionnelle du secteur. Pour son président, il s’agit d’un passage décisif « d’une filière fragmentée à une filière organisée et ambitieuse ».
L’interprofession devient ainsi :
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Un cadre de coordination entre tous les maillons de la chaîne de valeur
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L’interlocuteur unique de l’État et des partenaires financiers
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Une garantie institutionnelle pour les investisseurs
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Une plateforme stratégique de dialogue, de plaidoyer et de concertation
Cette structuration est essentielle pour assurer la sécurité et souveraineté alimentaires en manioc, en réduisant les déséquilibres entre production, transformation et commercialisation.
Un poids économique majeur pour l’agriculture ivoirienne
Le manioc occupe une place stratégique dans l’économie agricole ivoirienne. Selon les chiffres communiqués lors de la table ronde :
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Il représente 12,4 % du PIB agricole
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Il contribue à 2,8 % du PIB national
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La filière couvre 31 régions
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Elle regroupe 950 organisations
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Environ 1,5 million d’acteurs y sont impliqués
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La production annuelle atteint 8,4 millions de tonnes
On dénombre également 54 produits dérivés du manioc, parmi lesquels l’attiéké, le placali, le tapioca, l’amidon ou encore la farine, renforçant ainsi son rôle central dans la sécurité et souveraineté alimentaires en manioc.
Création d’emplois et accès aux intrants certifiés
Sur le plan social, l’OIA Manioc ambitionne de générer 48 200 emplois directs et indirects dans les prochaines années. Par ailleurs, 2 milliards de boutures certifiées seront mises à disposition afin d’améliorer les rendements, la qualité des productions et la résilience des exploitations agricoles.
Ces actions contribuent directement à la sécurisation des revenus des acteurs et au renforcement de la sécurité et souveraineté alimentaires en manioc, en garantissant une production plus régulière et mieux encadrée.
Les transformateurs et commerçants saluent une avancée majeure
Présentes à la table ronde, Sieni Zodi, présidente nationale des transformateurs de manioc, et Affoué Brou, présidente de l’Association nationale des commerçants de manioc de Côte d’Ivoire, ont unanimement salué la création de l’OIA Manioc.
Selon elles, cette interprofession permettra :
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De renforcer la formation des acteurs
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De réduire les pertes post-récoltes
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De limiter l’impact de la volatilité des prix
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D’améliorer la rentabilité financière des activités
Autant de leviers essentiels pour consolider la sécurité et souveraineté alimentaires en manioc sur le long terme.
Un appui institutionnel et international déterminant
La table ronde a été organisée par l’OIA Manioc avec l’appui de LadyAgri Impact Investment Hub, dans le cadre du programme SAFAF « Sécurité Alimentaire de la Fourche à la Fourchette ». Ce programme est cofinancé par l’Union européenne, en partenariat avec l’Office de Commercialisation des Produits Vivriers (OCPV) et en collaboration avec le ministère de l’Agriculture.
Cet accompagnement renforce la crédibilité de l’OIA Manioc et souligne l’importance stratégique accordée à la sécurité et souveraineté alimentaires en manioc à l’échelle nationale et internationale.
Le lancement officiel de l’Interprofession de la filière Manioc constitue une étape structurante pour l’agriculture ivoirienne. En organisant l’ensemble des acteurs autour d’une vision commune, l’OIA Manioc jette les bases d’une filière plus performante, inclusive et durable. À terme, cette dynamique devrait permettre à la Côte d’Ivoire de renforcer significativement sa sécurité et souveraineté alimentaires en manioc, tout en stimulant l’emploi, l’investissement et la transformation locale.
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