Karité Côte d’Ivoire : 7 mesures essentielles pour la campagne 2026-2027

Karité Côte d’Ivoire – collecte et commercialisation des amandes pour la campagne 2026-2027

Le karité Côte d’Ivoire entre dans une nouvelle étape avec le lancement officiel de la campagne 2026-2027 de commercialisation des amandes. Présentées le vendredi 14 août 2026 à Abidjan, les nouvelles dispositions visent à mieux organiser la filière, sécuriser les revenus des acteurs et surtout encourager davantage la transformation industrielle sur le territoire ivoirien.

Le président du Conseil d’Administration du Conseil Coton Anacarde Karité (CCA-K), Jérôme Ehui, a détaillé plusieurs mesures concernant les prix, les circuits d’achat, le transport des amandes et leur exportation.

1. Un prix minimum de 250 FCFA/kg pour les amandes

Pour la campagne 2026-2027, le prix minimum bord champ est fixé à 250 FCFA le kilogramme. Ce tarif concerne les amandes de karité correctement séchées, triées et exemptes de matières étrangères.

Deux autres niveaux de prix ont également été annoncés :

  • 275 FCFA/kg au magasin intérieur acheteur ;
  • 305 FCFA/kg au magasin usine.

Cette grille doit notamment encourager l’amélioration de la qualité des produits commercialisés et apporter davantage de visibilité aux producteurs et collectrices.

2. Les unités de transformation prioritaires pour les achats

L’une des mesures importantes concernant le karité Côte d’Ivoire porte sur l’organisation des achats. Jusqu’à nouvel ordre, les achats auprès des collectrices et des acheteurs sont exclusivement réservés aux unités de transformation.

L’objectif est de mieux maîtriser les circuits commerciaux et d’assurer un approvisionnement suffisant aux industries installées en Côte d’Ivoire.

3. Un contrôle renforcé du transport des amandes

Le transfert des camions transportant des amandes vers les différentes usines est autorisé depuis le lundi 17 août 2026.

Cette organisation permet au Conseil Coton Anacarde Karité de renforcer le suivi des volumes commercialisés et la traçabilité des produits circulant entre les zones de collecte et les unités industrielles.

4. L’exportation terrestre des amandes interdite

Autre disposition majeure : l’exportation des noix et amandes de karité par les frontières terrestres demeure interdite.

Cette politique vise principalement à conserver davantage de matières premières dans le pays afin d’alimenter les industries locales. La transformation sur place permet en effet de créer plus de valeur ajoutée que l’exportation de produits agricoles non transformés.

Le développement de la transformation constitue ainsi un axe stratégique pour la filière karité Côte d’Ivoire.

5. Plus de 51 000 tonnes commercialisées en 2025-2026

Les résultats de la précédente campagne montrent une progression de l’organisation du secteur.

Durant la campagne 2025-2026, 51 697 tonnes d’amandes de karité ont intégré le circuit formel de commercialisation. L’ensemble de cette production a été destiné aux unités de transformation locale.

Alors que le prix minimum bord champ était également établi à 250 FCFA/kg, les transactions ont atteint entre 250 et 350 FCFA/kg, pour un prix moyen estimé à 275 FCFA/kg.

6. Plus de 14 000 tonnes de beurre de karité exportées

La transformation locale ouvre également des perspectives importantes à l’exportation. Au cours de la campagne précédente, la Côte d’Ivoire a exporté 14 078 tonnes de beurre de karité vers 13 pays situés en Asie, en Europe et en Amérique.

La filière comptait par ailleurs 168 acheteurs identifiés, 21 unités de transformation et 32 exportateurs.

Ces chiffres illustrent le potentiel économique croissant du karité Côte d’Ivoire, notamment lorsque les amandes sont transformées avant leur commercialisation internationale.

7. Une filière stratégique pour les femmes rurales

Au-delà de ses performances industrielles, le karité joue un rôle social majeur, particulièrement dans le nord du pays. La collecte et la transformation représentent une source de revenus importante pour de nombreuses femmes vivant en milieu rural.

La Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui d’une vingtaine d’unités de transformation, avec une capacité industrielle installée estimée à environ 130 000 tonnes d’amandes par an.

L’identification des acteurs, la traçabilité des opérations et la réforme annoncée de la gouvernance devraient permettre de professionnaliser davantage la chaîne de valeur.

Une campagne déterminante pour l’avenir du karité ivoirien

La campagne 2026-2027 confirme la volonté des autorités de faire du karité une filière agricole mieux structurée et davantage tournée vers la création de valeur locale.

La maîtrise des circuits commerciaux, la qualité des amandes, l’encadrement des prix et le développement des capacités industrielles pourraient renforcer les revenus des producteurs et des collectrices tout en augmentant les exportations de produits transformés.

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