Le prix du mouton en Côte d’Ivoire connaît une forte hausse à l’approche de la Tabaski, également appelée Aïd al-Adha. Dans les marchés à bétail d’Abidjan, notamment à Adjamé, les familles venues acheter leur mouton pour le sacrifice rituel font face à des tarifs bien plus élevés que l’an dernier. Cette flambée n’est pas seulement liée à la demande saisonnière : elle révèle aussi la dépendance du pays aux importations de bétail venues du Sahel et les fragilités des circuits d’approvisionnement régionaux.
Prix du mouton en Côte d’Ivoire : une hausse qui pèse sur les familles
À quelques jours de la fête, les négociations sont tendues dans les parcs à bétail. Des acheteurs affirment que des béliers vendus entre 125 000 et 150 000 francs CFA l’année précédente se négocient désormais entre 200 000 et 250 000 francs CFA. Pour les animaux les plus imposants, certains vendeurs demandent jusqu’à 500 000 francs CFA.
Cette situation met de nombreuses familles sous pression. En Côte d’Ivoire, le salaire minimum mensuel reste bien inférieur au prix de certains moutons proposés sur les marchés. Pour beaucoup de ménages, acheter un bélier pour la Tabaski devient donc un véritable effort financier.
Pourquoi le prix du mouton en Côte d’Ivoire augmente-t-il ?
1. Une forte dépendance aux importations sahéliennes
La Côte d’Ivoire ne produit pas suffisamment d’ovins pour couvrir tous les besoins de la Tabaski. Une grande partie des moutons consommés pendant cette période provient du Burkina Faso, du Mali ou encore du Niger. Lorsque ces pays limitent ou suspendent leurs exportations, le marché ivoirien est immédiatement touché.
Cette dépendance rend le prix du mouton en Côte d’Ivoire très sensible aux décisions politiques, aux tensions sécuritaires et aux difficultés logistiques dans les pays voisins.
2. Des exportations suspendues dans plusieurs pays
Le Burkina Faso a suspendu ses exportations de bétail afin de protéger son marché intérieur. Le Niger avait déjà pris une mesure similaire quelques mois plus tôt. Ces décisions réduisent brutalement l’offre disponible pour les commerçants ivoiriens.
Résultat : des centaines de têtes de bétail restent bloquées aux frontières ou dans les zones de transit. Les vendeurs, qui ont parfois déjà payé le transport, répercutent ces coûts sur les acheteurs.
3. L’insécurité sur les routes commerciales
Les routes reliant le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire sont essentielles pour l’acheminement du bétail. Mais certaines zones restent exposées aux attaques, aux blocages et aux risques liés aux groupes armés. Cette insécurité ralentit les convois, augmente les frais de transport et décourage certains éleveurs ou transporteurs.
Dans un marché où la demande explose à une date précise, chaque retard peut faire grimper les prix.
Des marchés moins approvisionnés qu’avant
Les commerçants estiment que l’approvisionnement est inférieur à celui des années précédentes. Même lorsque les moutons sont visibles sur les marchés, leur nombre ne suffit pas toujours à calmer les prix. L’offre est plus faible, la demande reste forte, et les acheteurs sont souvent contraints de payer plus cher pour ne pas manquer la fête.
Le prix du mouton en Côte d’Ivoire devient ainsi un sujet social majeur, car la Tabaski occupe une place importante dans la vie religieuse et familiale de nombreuses communautés musulmanes.
Le gouvernement veut rassurer les consommateurs
Face aux inquiétudes, les autorités ivoiriennes affirment que des milliers de moutons sont déjà disponibles sur le marché national. Elles promettent également des prix adaptés à différents budgets. Mais sur le terrain, les acheteurs constatent surtout une hausse généralisée.
Cette crise relance un débat ancien : comment renforcer la production locale pour réduire la dépendance aux importations ? Le développement de l’élevage ivoirien pourrait limiter les pénuries lors des grandes fêtes religieuses. À ce sujet, les ressources de la FAO sur l’élevage et la sécurité alimentaire montrent l’importance d’une filière animale mieux structurée pour améliorer l’approvisionnement, soutenir les producteurs et renforcer la sécurité alimentaire.
Le défi du mouton local en Côte d’Ivoire
La production locale existe, mais elle reste insuffisante pour répondre à toute la demande nationale. Un autre obstacle est culturel : les moutons élevés en Côte d’Ivoire sont souvent perçus comme moins grands que ceux venus du Sahel. Or, pour la Tabaski, de nombreuses familles recherchent un bélier imposant, symbole de générosité et de prestige.
Pour rendre le mouton local plus attractif, il faudra améliorer les races, accompagner les éleveurs, développer l’alimentation animale et structurer davantage la filière. Les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO sur le marché de la viande rappellent d’ailleurs que les marchés de la viande restent sensibles aux coûts de production, aux échanges régionaux et aux tensions sur l’offre :
https://www.oecd.org/fr/publications/perspectives-agricoles-de-l-ocde-et-de-la-fao-2025-2034_af125b62-fr/full-report/meat_5462e384.html
À moyen terme, ces efforts pourraient contribuer à stabiliser le prix du mouton en Côte d’Ivoire pendant les périodes de forte demande.
La flambée du prix du mouton en Côte d’Ivoire avant la Tabaski s’explique par une combinaison de facteurs : dépendance aux importations, suspension des exportations dans certains pays voisins, insécurité routière, hausse des coûts de transport et forte demande religieuse. Pour les familles, l’achat du mouton devient un effort financier important. Pour les autorités, cette crise rappelle l’urgence de soutenir l’élevage local afin de garantir un meilleur approvisionnement lors des prochaines fêtes.
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