L’Alliance pour la République (APR), fondée en 2008 par Macky Sall, traverse une période de turbulences sans précédent. Après douze années au pouvoir, le parti est confronté à une crise interne majeure, marquée par des tensions croissantes et des divisions profondes. Cette situation soulève des questions sur l’avenir de l’APR et son rôle dans le paysage politique sénégalais.
Une réunion sous haute tension
Le vendredi 30 mai 2025, une réunion du Secrétariat exécutif de l’APR, initialement reportée, s’est tenue dans une atmosphère électrique. Présidée par Me Sidiki Kaba, cette rencontre a rapidement dégénéré en un affrontement verbal intense entre les membres du parti. Au cœur des débats, la participation de certains cadres au dialogue national sans l’aval officiel de l’APR a été perçue comme une trahison par une partie des militants.
Abdoulaye Saydou Sow : le catalyseur de la discorde
L’absence d’Abdoulaye Saydou Sow, ancien ministre de l’Urbanisme et maire de Kaffrine, a été particulièrement remarquée. Ses récentes déclarations médiatiques, notamment sur une conversation privée avec l’ex-président Macky Sall et un SMS resté sans réponse, ont été jugées provocatrices. Certains membres ont réclamé des sanctions immédiates à son encontre, tandis que d’autres ont tenté de minimiser la situation, soulignant son engagement continu envers le parti.
Des figures emblématiques en retrait
Curieusement, d’autres personnalités ayant participé au dialogue national, telles que Matar Bâ et Abdoulaye Daouda Diallo, n’ont pas suscité le même niveau de critique. Pour de nombreux militants, ces anciens cadres ont déjà pris leurs distances avec l’APR, ne participant plus aux réunions et ne s’exprimant plus au nom du parti. Cette attitude est interprétée comme un désintérêt manifeste pour les affaires internes de l’APR.
Une jeunesse déterminée à prendre les rênes
La nouvelle génération de cadres de l’APR exprime une volonté claire de renouvellement. Pour eux, le parti doit trancher entre le maintien de l’unité et l’exclusion des éléments jugés déviants. Cette position reflète une aspiration à une restructuration profonde de l’APR, afin de le préparer aux défis politiques futurs.
L’APR face à son avenir
La crise actuelle de l’APR intervient dans un contexte politique sénégalais en pleine mutation. Avec l’émergence de nouvelles forces politiques et une population de plus en plus exigeante, le parti de Macky Sall doit impérativement se réinventer pour rester pertinent. La gestion de cette crise interne sera déterminante pour son avenir.
La situation actuelle de l’APR illustre les défis auxquels sont confrontés les partis politiques après une longue période au pouvoir. Entre tensions internes, départs de figures emblématiques et aspirations de la jeunesse, l’APR est à un tournant de son histoire. Sa capacité à se réformer et à s’adapter déterminera son rôle futur dans la vie politique sénégalaise.
Lire l’article complet sur : RDC : Le retour de Joseph Kabila divise la classe politique et la société civile









