Insalubrité à Yaoundé : 7 actions clés pour libérer la capitale camerounaise des ordures

insalubrité à Yaoundé

L’insalubrité à Yaoundé est devenue l’un des problèmes urbains les plus préoccupants du Cameroun. Dans plusieurs quartiers de la capitale, les ordures s’amoncellent au bord des routes, devant les maisons, dans les marchés et même dans les caniveaux. Face à cette situation alarmante, le ministre de l’Administration territoriale a récemment lancé une vaste opération baptisée « Yaoundé ville propre ». Mais cette offensive contre l’insalubrité suffira-t-elle réellement à libérer Yaoundé de ses déchets ?

Yaoundé submergée par les ordures : un constat alarmant

Depuis plusieurs années, la capitale camerounaise peine à gérer efficacement ses déchets ménagers. L’insalubrité à Yaoundé n’est plus un phénomène isolé mais une réalité quotidienne pour des milliers d’habitants. Dans de nombreux quartiers, des décharges sauvages apparaissent au pied des habitations, le long des clôtures ou au bord des routes.

Violette, résidente de Yaoundé, témoigne de cette situation devenue invivable : une décharge s’est formée juste à côté de sa maison. Les conséquences sont multiples : obstruction des caniveaux, mauvaises odeurs persistantes et inondations récurrentes en saison des pluies. Ce type de scénario se répète dans plusieurs zones urbaines de la ville.

Des quartiers abandonnés par le système de collecte

Dans certains secteurs comme Oyom-Abang, le passage des éboueurs est devenu rare, voire inexistant. Faute de bacs à ordures et de ramassage régulier, les habitants se retrouvent livrés à eux-mêmes. Karim, habitant du quartier, explique avoir pris une décision radicale pour faire face à l’accumulation des déchets : brûler ses ordures.

Cette pratique, bien que dangereuse pour la santé et l’environnement, illustre l’ampleur de l’insalubrité à Yaoundé et le sentiment d’abandon ressenti par une partie de la population. Les odeurs, la prolifération des moustiques et le risque de maladies poussent certains habitants à adopter des solutions de survie peu recommandées.

Une société de collecte débordée et sous-financée

La gestion des déchets à Yaoundé repose en grande partie sur une société de collecte confrontée à un manque criant de moyens financiers et logistiques. Résultat : des tournées irrégulières, des équipements insuffisants et une incapacité à couvrir l’ensemble de la ville.

Les ordures s’accumulent alors sur les chaussées, dans les marchés et les espaces publics, aggravant davantage le problème d’insalubrité. Cette situation met en évidence un dysfonctionnement structurel qui ne peut être résolu par des actions ponctuelles.

L’opération « Yaoundé ville propre » : une réponse politique

Face à la pression populaire et aux dénonciations sur les réseaux sociaux, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a lancé l’opération « Yaoundé ville propre ». Cette initiative s’est traduite par la distribution de matériel de nettoyage aux sept maires de la capitale et par une campagne de sensibilisation des populations.

Le message est clair : la lutte contre l’insalubrité à Yaoundé est une responsabilité collective. Le ministre appelle les citoyens à adopter des comportements plus responsables, notamment en évitant de jeter les déchets dans la rue.

Une sensibilisation nécessaire mais insuffisante

Si la sensibilisation est un levier important, elle ne peut à elle seule résoudre un problème aussi profond. Les experts sont unanimes : la situation de l’insalubrité à Yaoundé nécessite des investissements lourds et durables. Selon les estimations, près de 16 milliards de francs CFA seraient nécessaires pour mettre en place un système de gestion des déchets efficace et pérenne.

Sans financement adéquat, sans renforcement des capacités techniques et sans une réelle coordination entre les autorités locales et les acteurs du secteur, les opérations de nettoyage risquent de rester symboliques.

Vers une solution durable pour Yaoundé ?

Libérer Yaoundé des ordures exige une approche globale : amélioration de la collecte, multiplication des points de dépôt, modernisation des équipements, mais aussi implication des populations à long terme. L’insalubrité à Yaoundé n’est pas seulement un problème d’hygiène, c’est aussi un enjeu de santé publique, d’environnement et de gouvernance urbaine.

L’opération « Yaoundé ville propre » a le mérite de relancer le débat et de poser le problème sur la place publique. Toutefois, sans une stratégie durable et des moyens conséquents, la capitale camerounaise pourrait continuer à crouler sous le poids de ses immondices.

La lutte contre l’insalubrité à Yaoundé est un défi majeur qui dépasse les simples opérations de nettoyage. Elle nécessite une volonté politique forte, des investissements structurants et un changement durable des comportements. La question reste ouverte : cette offensive suffira-t-elle à transformer durablement le visage de la capitale camerounaise, ou restera-t-elle une action de plus sans lendemain ?

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