L’insertion professionnelle des jeunes en Côte d’Ivoire demeure une priorité majeure pour le gouvernement, qui veut renforcer l’impact des programmes destinés à l’emploi, à la formation et à l’autonomisation économique. Le lundi 04 mai 2026 à Abidjan, le ministre de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Mamadou Touré, a présidé une rencontre d’évaluation du dispositif de maîtrise d’ouvrage déléguée confié aux collectivités territoriales.
Cette rencontre avait pour objectif de faire le point sur les actions déjà menées, de mesurer les résultats obtenus et d’identifier les leviers capables d’accélérer l’atteinte des objectifs fixés. Dans un contexte où plusieurs programmes arrivent progressivement à échéance, l’enjeu est clair : consolider les acquis, améliorer le suivi et garantir la durabilité du modèle.
Insertion professionnelle des jeunes en Côte d’Ivoire : pourquoi cette évaluation est importante
Le dispositif de maîtrise d’ouvrage déléguée a été mis en place pour rapprocher les solutions d’emploi des réalités locales. En confiant une partie de la mise en œuvre aux régions et districts, l’État ivoirien entend mieux répondre aux besoins spécifiques des jeunes selon les territoires.
Selon le ministre Mamadou Touré, cette évaluation intervient à un moment stratégique. Pour suivre les actions publiques liées à la jeunesse, à l’emploi et au service civique, les lecteurs peuvent consulter le site officiel du Ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique. Certains programmes importants, notamment le PEJEDEC, arrivent à échéance à la fin de l’année 2026, tandis que le C2D Emploi doit se poursuivre jusqu’au 31 décembre 2027.
Il devient donc essentiel de marquer une pause, d’analyser les performances et de définir les ajustements nécessaires. L’objectif n’est pas seulement de constater les avancées. Il s’agit aussi de comprendre ce qui fonctionne, ce qui doit être amélioré et comment mobiliser davantage de ressources pour soutenir durablement l’emploi des jeunes.
Des résultats encourageants dans les collectivités territoriales
La phase pilote du dispositif, menée dans 10 régions, a permis d’enregistrer des résultats significatifs. Elle a touché 9 200 jeunes bénéficiaires, avec un financement estimé à 6,2 milliards FCFA. Cette première expérience a montré que l’approche décentralisée pouvait produire des effets concrets lorsqu’elle est bien encadrée.
La deuxième phase a confirmé cette dynamique. Elle a mobilisé plus de 8,5 milliards FCFA au profit de 15 459 jeunes. Ces résultats montrent une montée en puissance progressive du dispositif et son potentiel pour répondre aux défis de l’emploi.
Aujourd’hui, la phase de généralisation vise une ambition plus large : atteindre 100 200 bénéficiaires pour un montant global estimé à 45,8 milliards FCFA. Cette étape représente un changement d’échelle important pour l’insertion professionnelle des jeunes en Côte d’Ivoire.
Un modèle basé sur la proximité avec les territoires
L’un des principaux atouts du dispositif repose sur l’implication directe des collectivités territoriales. Les régions connaissent mieux les réalités économiques locales, les secteurs porteurs et les besoins des jeunes présents sur leur territoire.
Cette proximité permet de proposer des solutions plus adaptées : formation qualifiante, accompagnement vers l’emploi, appui à l’entrepreneuriat, activités génératrices de revenus ou insertion dans des métiers à fort potentiel.
Pour Eugène Aka Aouélé, président de l’Assemblée des régions et districts de Côte d’Ivoire, le potentiel du dispositif est réel, indéniable et porteur d’espoir pour les territoires et pour la jeunesse. Il estime que la maîtrise d’ouvrage déléguée peut devenir un modèle national crédible, durable et finançable.
5 mesures Essential pour renforcer l’impact du dispositif
Pour améliorer l’efficacité du programme, plusieurs leviers peuvent être renforcés.
D’abord, l’évaluation régulière des résultats doit devenir une pratique centrale. Les financements futurs dépendront de plus en plus de la capacité à prouver l’efficacité des actions menées.
Ensuite, les collectivités territoriales doivent bénéficier d’un accompagnement technique plus solide. La réussite du dispositif dépend de leur capacité à planifier, exécuter, suivre et documenter les projets.
Troisièmement, la mobilisation des financements doit être anticipée. La pérennisation ne peut pas reposer uniquement sur des programmes ponctuels. Elle nécessite une stratégie durable associant l’État, les partenaires techniques, les collectivités et, lorsque cela est possible, le secteur privé.
Dans cette perspective, les programmes soutenus par les partenaires au développement peuvent jouer un rôle important. L’Agence Française de Développement présente notamment des projets liés à l’emploi et à l’insertion des jeunes, qui illustrent l’importance d’un appui structuré et durable.
Quatrièmement, les jeunes bénéficiaires doivent être mieux suivis après leur insertion. L’accès à une activité ou à un emploi n’est qu’une première étape. Le maintien dans l’emploi, la rentabilité des projets et l’évolution professionnelle sont tout aussi importants.
Enfin, la communication autour des résultats doit être renforcée. Des résultats tangibles, bien documentés et faciles à comprendre peuvent attirer de nouveaux partenaires et renforcer la confiance des bénéficiaires.
Un enjeu national pour l’emploi des jeunes et la décentralisation
L’insertion professionnelle des jeunes en Côte d’Ivoire ne concerne pas uniquement le marché du travail. Elle touche aussi à la cohésion sociale, au développement local et à la confiance des jeunes envers les institutions.
En évaluant ce dispositif, le gouvernement confirme sa volonté d’améliorer la performance des politiques publiques. Cette démarche permet aussi de faire de la décentralisation un outil concret de développement, capable de produire des résultats visibles dans les régions.
Si les ajustements nécessaires sont réalisés, la maîtrise d’ouvrage déléguée pourrait devenir une référence nationale. Elle offrirait une réponse plus structurée aux défis de l’emploi des jeunes, tout en renforçant le rôle des collectivités territoriales.
L’évaluation du dispositif de maîtrise d’ouvrage déléguée marque une étape importante dans la politique d’insertion professionnelle des jeunes en Côte d’Ivoire. Les résultats obtenus montrent que l’approche territoriale peut fonctionner, mais sa réussite à long terme dépendra de la qualité du suivi, de la mobilisation des ressources et de la capacité à produire des impacts durables.
En plaçant les collectivités au cœur de l’action, le gouvernement veut bâtir un modèle plus proche des réalités locales, plus efficace et plus durable pour l’insertion professionnelle des jeunes en Côte d’Ivoire.








