Lutte contre la criminalité financière : comment l’AGRAC renforce les capacités des communicants institutionnels en Côte d’Ivoire

lutte contre la criminalité financière

La lutte contre la criminalité financière est devenue un enjeu majeur pour la stabilité économique et politique en Côte d’Ivoire. C’est dans cette dynamique que l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs criminels (AGRAC) a organisé, le 05 décembre 2025 à Abidjan, un atelier stratégique destiné aux communicants institutionnels. Ce rendez-vous vise à maximiser la visibilité de l’Agence, à renforcer la compréhension de ses missions et à améliorer la synergie entre les acteurs impliqués dans la prévention et la répression des infractions financières.

Un atelier dédié à la compréhension des missions de l’AGRAC

Dès l’ouverture de la rencontre, Bourahiman Ouattara, directeur général adjoint de l’AGRAC, a mis en lumière le rôle essentiel des communicants dans la lutte contre la criminalité financière. Selon lui, ils représentent les premiers relais d’information et de sensibilisation auprès des populations, des institutions publiques et des partenaires internationaux. Leur compréhension détaillée des missions de l’Agence est indispensable pour garantir une communication cohérente, efficace et alignée sur les priorités nationales.

L’atelier avait pour objectif d’outiller ces acteurs afin qu’ils maîtrisent :

  • les missions fondamentales de l’AGRAC ;

  • les enjeux stratégiques liés à la gestion des avoirs criminels ;

  • le cadre légal dans lequel l’Agence opère ;

  • les bonnes pratiques de communication institutionnelle sur des sujets sensibles comme le blanchiment de capitaux ou les infractions économiques.

Cette démarche vise à instaurer une véritable synergie d’action pour amplifier l’impact de la lutte menée par l’État.

La criminalité financière : une menace réelle pour la gouvernance

Dans son intervention, Bourahiman Ouattara a rappelé l’ampleur des défis liés à la criminalité financière, un phénomène qui pèse lourdement sur les économies émergentes. Elle perturbe la gouvernance, décourage les investisseurs, favorise la corruption et affaiblit la confiance dans les institutions publiques.

C’est précisément pour répondre à ce défi national que l’État ivoirien a créé l’AGRAC. Sa mission consiste à gérer, conserver, valoriser et aliéner les biens saisis ou confisqués dans le cadre d’enquêtes pénales et administratives. Cette action permet de combattre les bénéfices illicites en privant les criminels de leurs ressources financières, tout en rétablissant une gouvernance plus transparente et efficace.

L’AGRAC s’inscrit ainsi dans une vision globale de modernisation et de renforcement institutionnel, dont le but ultime est clair : faire en sorte que le crime ne paie plus.

Une présentation détaillée sur le fonctionnement de l’AGRAC

Le magistrat hors hiérarchie Romain Ouattara, directeur des affaires juridiques de l’Agence, a animé une présentation riche et pédagogique destinée à clarifier les principes de création, de fonctionnement et d’intervention de l’AGRAC.

Il est notamment revenu sur les actions majeures entreprises depuis 2022, démontrant la volonté ferme du gouvernement de faire de la lutte contre la criminalité financière une priorité nationale. Ces actions incluent :

  • la gestion sécurisée des biens saisis ;

  • l’organisation régulière de ventes aux enchères transparentes ;

  • la valorisation économique des avoirs récupérés ;

  • l’indemnisation effective des victimes d’infractions économiques.

Il a également renouvelé le principe fondamental qui guide l’action de l’Agence : nul ne doit tirer profit de ses actes criminels.

Les ventes aux enchères : un outil de justice et de prévention

Un point essentiel abordé lors de l’atelier concerne le rôle des ventes aux enchères publiques organisées par l’AGRAC. Ces ventes permettent de convertir les biens saisis en ressources financières utiles pour la société.

Les fonds issus de ces ventes servent à :

  1. Indemniser les victimes des infractions poursuivies ;

  2. Financer des programmes de prévention, notamment ceux dédiés au combat contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ;

  3. Renforcer les structures judiciaires, sécuritaires et financières grâce à des dotations destinées à améliorer leurs capacités opérationnelles.

Ainsi, la gestion des biens criminels devient un levier de justice réparatrice mais aussi un moteur du renforcement institutionnel.

Un renforcement indispensable de la communication institutionnelle

L’un des enjeux majeurs soulevés dans cet atelier concerne l’importance d’une communication claire, structurée et efficace. Face à des sujets sensibles comme la criminalité financière, une mauvaise information peut entraîner méfiance, confusion ou désinformation.

Les communicants institutionnels, une fois mieux formés, pourront :

  • vulgariser les missions de l’AGRAC ;

  • expliquer les mécanismes de gestion des biens criminels ;

  • rassurer les populations sur la transparence des procédures ;

  • renforcer la confiance entre citoyens, institutions et partenaires internationaux ;

  • contribuer à la prévention en sensibilisant le public sur les risques et conséquences des infractions financières.

À travers cet atelier, l’AGRAC démontre une fois de plus son engagement à consolider une stratégie nationale cohérente dans la lutte contre la criminalité financière. En outillant les communicants institutionnels, l’Agence renforce non seulement sa propre visibilité, mais aussi l’efficacité de toutes les actions menées pour protéger l’économie ivoirienne, renforcer la gouvernance et garantir une justice équitable.

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