La production d’attiéké connaît un tournant majeur en Côte d’Ivoire grâce à l’ouverture d’une unité semi-industrielle à Ferkessédougou. Située dans le nord du pays, cette nouvelle infrastructure s’inscrit dans une démarche gouvernementale visant à moderniser la filière manioc, renforcer l’autonomie économique des femmes et améliorer la disponibilité d’un aliment essentiel dans le régime ivoirien. Ce projet marque une étape clé dans le développement agroalimentaire national et ouvre la voie à une transformation durable de la filière.
Une modernisation stratégique de la filière manioc
La région de Ferkessédougou est historiquement connue pour être un bassin agricole important, notamment pour la culture du manioc. Jusqu’à récemment, les productrices d’attiéké travaillaient avec des outils rudimentaires, ce qui ralentissait considérablement la production et limitait les volumes disponibles sur le marché. La création de cette unité semi-industrielle change profondément la donne.
L’infrastructure comprend :
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une broyeuse pour un râpage rapide et homogène,
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un séchoir moderne assurant une meilleure qualité finale,
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un semouleur réglable garantissant une texture uniforme,
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plusieurs équipements complémentaires pour automatiser la chaîne.
Grâce à ces installations, la production d’attiéké devient plus rapide, plus régulière et mieux contrôlée. Cela améliore non seulement la productivité, mais aussi l’hygiène et la qualité du produit fini, un point essentiel dans un contexte où la demande locale et régionale ne cesse d’augmenter.
Une capacité multipliée : jusqu’à une tonne d’attiéké par jour
Avant l’arrivée de cette unité, la transformation du manioc nécessitait des déplacements coûteux et chronophages. Les femmes devaient louer des tricycles pour transporter la matière première jusqu’aux lieux de broyage, rendant la chaîne de production plus lente et plus pénible.
Aujourd’hui, toutes les étapes se déroulent sur place, ce qui permet une optimisation sans précédent. Khadija Diallo, présidente du groupe des productrices, témoigne :
« Depuis que nous avons tout le matériel qu’il faut, nos dépenses ont baissé et, par jour, nous pouvons produire jusqu’à une tonne d’attiéké. »
Cette capacité de production accrue constitue une avancée majeure. Produire une tonne d’attiéké quotidiennement permet non seulement de stabiliser l’approvisionnement local, mais aussi d’ouvrir de nouvelles opportunités commerciales, notamment vers d’autres régions du pays.
La production d’attiéké devient ainsi un véritable moteur économique pour les communautés.
Un impact social direct : l’autonomisation des femmes
L’unité semi-industrielle ne se limite pas à améliorer la production ; elle transforme surtout la vie des femmes qui en sont les actrices principales. Grâce à des équipements modernes, elles gagnent du temps, réduisent leur fatigue et augmentent leurs revenus.
Selon Khadija Diallo :
« Cela nous permet de scolariser nos enfants, de les soigner et de soutenir nos époux. »
La production d’attiéké devient ainsi un pilier d’autonomisation économique féminine. Les femmes jouent désormais un rôle renforcé dans la stabilité financière du foyer, l’éducation des enfants et la cohésion sociale.
Cette dynamique vertueuse contribue également à réduire la pauvreté dans la région et à créer un environnement favorable au développement local.
Une initiative inscrite dans un programme national ambitieux
Cette unité fait partie du Projet d’Appui au Programme Social du Gouvernement (PaPSGouv), qui a déjà permis l’installation de cinq usines d’attiéké entre 2022 et aujourd’hui. Ce programme vise à moderniser les chaînes de production, à soutenir les foyers vulnérables et à dynamiser les économies locales.
Le choix d’investir dans la production d’attiéké n’est pas anodin : l’attiéké est l’un des mets les plus consommés du pays, au même titre que le riz. En renforçant la chaîne de transformation du manioc, le gouvernement améliore non seulement l’accès à un aliment de base, mais favorise également la création d’emplois durables.
Ce projet contribue ainsi :
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à réduire les inégalités régionales,
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à moderniser la transformation agricole,
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à garantir une meilleure disponibilité alimentaire,
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à professionnaliser les femmes productrices.
Il s’agit d’une vision de long terme pour renforcer la souveraineté alimentaire de la Côte d’Ivoire.
Ferkessédougou, un modèle pour l’avenir de l’attiéké
L’ouverture de cette unité semi-industrielle représente une avancée majeure. Grâce à une capacité de production accrue, à la modernisation des outils et à l’amélioration des conditions de travail, Ferkessédougou devient un exemple de réussite pour toute la filière manioc.
La production d’attiéké prend une nouvelle dimension, alliant tradition et innovation, autonomie féminine et performance économique. Cette initiative ouvre la voie à un modèle reproductible dans d’autres régions du pays et renforce la position de l’attiéké comme produit phare de la culture ivoirienne.
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