Révision de la liste électorale en 2025 : Le RHDP refuse une prorogation, l’opposition exprime son mécontentement

À l’approche des élections présidentielles de 2025, le processus de révision de la liste électorale en Côte d’Ivoire suscite de vives tensions entre le pouvoir en place et l’opposition. Le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), parti d’Alassane Ouattara, a fermement rejeté l’idée d’une prorogation de l’opération d’enrôlement des électeurs, une demande insistante formulée par l’opposition. Pour le RHDP, cette requête vise à entraver le processus électoral et à préparer un terrain de contestation pour les élections à venir. En revanche, les partis d’opposition, dont le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI-RDA de Tidjane Thiam, insistent sur l’importance de garantir une élection inclusive et transparente, d’où la nécessité d’une révision supplémentaire de la liste électorale en 2025.

Le RHDP s’oppose à une prorogation de la révision

Le porte-parole du RHDP, Kobenan Kouassi Adjoumani, a exprimé la position du parti lors de la tribune « Les Rendez-vous du RHDP » en décembre 2024. Selon lui, la révision de la liste électorale, achevée en novembre 2024, a permis l’inscription de plus de 900 000 primo-votants, un chiffre qui, bien qu’inférieur aux attentes de l’opposition, reste une performance notable. Adjoumani a salué les efforts du gouvernement d’Alassane Ouattara, notamment la gratuité des documents administratifs nécessaires à l’inscription, une mesure qui, selon lui, a facilité l’accès des citoyens à l’enrôlement.

Toutefois, le RHDP rejette les appels à une prorogation de l’opération. Selon Adjoumani, la prolongation de l’enrôlement de trois à six mois, comme le réclament les partis d’opposition, serait irréaliste et compromettrait le respect du calendrier électoral. « Le coût financier et politique d’une telle prolongation serait trop élevé », a-t-il affirmé, insistant sur l’importance de respecter les délais constitutionnels. La liste électorale provisoire doit en effet être affichée en mai 2025, suivie de la publication de la liste définitive en juin 2025. Tout retard pourrait mettre en péril l’organisation des élections dans les délais prévus.

L’opposition critique la révision et demande une nouvelle inscription en 2025

De l’autre côté, le PPA-CI et le PDCI-RDA continuent de défendre l’idée d’une révision plus complète de la liste électorale en 2025. Selon ces partis, l’inscription de seulement 943 157 primo-votants n’est pas suffisante pour assurer une représentation équitable de toute la population, notamment les jeunes et les citoyens vivant dans les zones rurales. Ils estiment que la liste électorale actuelle ne reflète pas fidèlement la réalité démographique du pays et qu’une révision plus large est nécessaire pour garantir l’inclusivité du processus.

Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, leaders respectifs du PPA-CI et du PDCI-RDA, ont souligné qu’une partie significative de la population ivoirienne reste sous-représentée sur la liste électorale, ce qui pourrait nuire à la légitimité du scrutin. Les deux partis réclament donc une nouvelle période d’enrôlement en 2025, dans un souci de justice électorale et d’inclusivité.

Une guerre de positionnements avant les élections de 2025

Cette controverse sur la révision de la liste électorale en 2025 s’inscrit dans un contexte politique tendu à quelques mois des élections présidentielles. Le refus du RHDP de prolonger l’opération d’enrôlement exacerbe les divisions entre le pouvoir et l’opposition, et alimente la méfiance envers la Commission électorale indépendante (CEI), déjà critiquée pour son impartialité.

Le RHDP, qui se considère prêt pour les élections, accuse l’opposition de chercher à fragiliser le processus en multipliant les critiques et en insistant sur des révisions qui, selon eux, n’ont pour but que de retarder le scrutin. Adjoumani a déclaré que ces manœuvres visent à préparer la contestation d’une défaite qui semble « inévitable » pour l’opposition, déjà marquée par des divisions internes.

Vers une élection sous haute tension

Le bras de fer entre le RHDP et l’opposition ivoirienne sur la révision de la liste électorale met en lumière les fractures profondes du paysage politique ivoirien. Alors que le RHDP défend un processus électoral respectant les délais constitutionnels, l’opposition continue de dénoncer l’absence d’une représentation complète et équitable des électeurs. Les mois à venir seront décisifs pour garantir la crédibilité des élections présidentielles de 2025. Les parties prenantes devront trouver un terrain d’entente pour éviter un nouveau cycle de tensions et garantir des élections transparentes et inclusives.

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