Violences basées sur le genre : les chiffres 2025 présentés par le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant attirent l’attention sur un enjeu social majeur en Côte d’Ivoire. Selon les données communiquées à Abidjan le 12 mai 2026, 89,52 % des plaintes pour viol traitées en 2025 ont abouti à une condamnation. Ce taux traduit une évolution importante dans le traitement judiciaire des dossiers, mais aussi dans la confiance progressive des populations envers les mécanismes de dénonciation.
Violences basées sur le genre : des plaintes mieux suivies en 2025
Lors de la tribune d’échanges « Tout Savoir Sur », consacrée à l’annuaire statistique 2025 du MFFE, Lossény Sylla, directeur de la Planification, des Études et de la Documentation, a appelé les populations à signaler tous les cas de VBG observés sur le territoire national.
Sur 841 cas de viol enregistrés en 2025, près de neuf dossiers sur dix traités ont conduit à une condamnation. Cette donnée montre que la dénonciation peut déclencher une chaîne de prise en charge efficace lorsque les victimes ou témoins s’adressent aux structures compétentes.
10 747 cas de VBG pris en charge
L’année 2025 a enregistré 10 747 cas de violences basées sur le genre pris en charge. Ces cas couvrent plusieurs formes de violences : viols, agressions sexuelles, mutilations génitales féminines, agressions physiques, mariages forcés, déni de ressources ou encore violences psychologiques.
Parmi ces chiffres, le déni de ressources ou de services représente 5 096 cas. Les agressions physiques atteignent 2 154 cas, tandis que les violences psychologiques ou émotionnelles concernent 2 212 situations. Ces données rappellent que les VBG ne se limitent pas aux violences sexuelles. Elles peuvent aussi être économiques, morales, physiques ou domestiques.
Des violences majoritairement subies par les femmes et les filles
Les statistiques révèlent que près de 97 % des violences sexuelles déclarées concernent des personnes de sexe féminin, principalement des filles. Par ailleurs, 79,85 % des violences enregistrées sont de nature domestique. Cela signifie qu’une grande partie des faits survient dans l’environnement familial ou proche, là où les victimes devraient pourtant être protégées.
Cette réalité rend la sensibilisation essentielle. Les victimes hésitent parfois à parler par peur de représailles, de honte ou de pression familiale. Pourtant, chaque signalement peut permettre une prise en charge sociale, médicale, psychologique et judiciaire. Comme le rappelle ONU Femmes Afrique, les violences faites aux femmes peuvent prendre plusieurs formes, notamment physiques, sexuelles, psychologiques et économiques.
Pourquoi la dénonciation des VBG est essentielle
Pendant longtemps, certaines familles ont privilégié les règlements à l’amiable, notamment dans les cas de violences sexuelles ou domestiques. Cette pratique limitait les poursuites judiciaires et empêchait souvent les victimes d’obtenir réparation.
Aujourd’hui, la progression du nombre de cas déclarés montre un changement de comportement. Les signalements sont passés de 711 cas en 2011 à 10 747 cas en 2025. Cette hausse ne signifie pas seulement une augmentation des violences ; elle traduit aussi une meilleure connaissance des droits, une plus grande confiance envers les services d’écoute et une parole plus libre.
Où signaler les violences basées sur le genre ?
Les victimes et témoins peuvent se rapprocher des structures socio-éducatives, des centres sociaux, des ONG spécialisées ou des services du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant.
Deux numéros verts sont également disponibles en Côte d’Ivoire : le 1308 pour signaler les cas de VBG et le 116 pour les enfants en détresse. Selon le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, le 1308 permet aux victimes ou témoins de violences basées sur le genre d’être écoutés, orientés et accompagnés gratuitement.
Le rôle des travailleurs sociaux et des ONG
Lorsqu’un cas est signalé, les travailleurs sociaux, les ONG, le ministère et leurs partenaires assurent le suivi du dossier. Leur mission consiste à accompagner les victimes, faciliter les démarches et veiller au respect des différentes étapes de la procédure.
Cette coordination est indispensable, car une victime de VBG a souvent besoin d’un accompagnement global : écoute, sécurité, soins, soutien psychologique et orientation judiciaire.
Les chiffres 2025 montrent que la lutte contre les violences basées sur le genre progresse en Côte d’Ivoire, notamment grâce à une meilleure dénonciation et à un suivi judiciaire plus rigoureux. Toutefois, les données rappellent aussi l’ampleur du phénomène, surtout dans le cadre domestique et contre les femmes et les filles.
Dénoncer une violence n’est pas un acte anodin : c’est protéger une victime, empêcher la répétition des faits et contribuer à une société plus juste. Les populations sont donc encouragées à utiliser les dispositifs disponibles, notamment le 1308 et les centres sociaux, afin que chaque cas de violences basées sur le genre soit pris au sérieux.
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