La fiscalité locale est aujourd’hui au cœur des discussions sur la compétitivité et l’attractivité économique de la Côte d’Ivoire. C’est dans cette dynamique qu’un atelier thématique a été lancé à Yamoussoukro, dans le cadre du Programme d’Amélioration du Climat des Affaires pour la transformation structurelle de l’économie ivoirienne (PACA-CI). Cet événement, dédié au Dialogue Public-Privé et à la réforme de la fiscalité locale, vise à proposer un environnement économique plus attractif pour les opérateurs privés tout en renforçant les capacités financières des collectivités.
Un atelier stratégique pour repenser la fiscalité locale
Du 09 au 11 décembre 2025, le Comité Local de Concertation État-Secteur Privé (CLCESP) réunit administrations, décideurs économiques et acteurs privés autour du thème :
« Quelle fiscalité locale pour des collectivités renforcées et un environnement des affaires attractif dans les Pôles Économiques Régionaux ? »
L’objectif est clair : créer un cadre fiscal simplifié, moins contraignant et mieux adapté aux réalités économiques régionales pour soutenir le développement des territoires.
En ouvrant les travaux, le conseiller technique Déli Soumahoro, représentant le ministre des Finances et du Budget, a souligné l’importance de revoir les mécanismes fiscaux existants. Pour lui, la fiscalité locale doit devenir un levier — et non un frein — pour les investisseurs. La simplification, la transparence et la cohérence des taxes locales constituent des priorités essentielles pour favoriser la croissance économique.
La transformation structurelle au cœur du PACA-CI
Le PACA-CI vise à impulser une transformation profonde de l’économie ivoirienne en développant des pôles économiques capables de concentrer des activités structurantes et d’absorber la main-d’œuvre locale.
Dans cette vision, la fiscalité locale joue un rôle déterminant.
Déli Soumahoro rappelle que le gouvernement multiplie les efforts pour rendre ces pôles secondaires plus attractifs et compétitifs. Il insiste sur la nécessité d’offrir aux entreprises un environnement fiscal stable, lisible et équitable, particulièrement dans les régions émergentes.
Le secteur privé, moteur incontournable du développement ivoirien
Le Dialogue Public-Privé repose sur un constat majeur : le secteur privé est le pilier de l’économie ivoirienne.
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2/3 des investissements nationaux proviennent du privé,
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80 % des emplois formels sont créés par lui,
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90 % des recettes fiscales de l’État sont générées par ses activités.
Cette contribution, rappelée par le représentant du ministère, montre que toute réforme fiscale locale doit être menée en étroite concertation avec les opérateurs économiques. Sans leur adhésion, aucune stratégie de développement territorial ne peut être durable.
La Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel considérable dans les secteurs primaire, secondaire et tertiaire. Un système de fiscalité locale modernisé pourrait accélérer la compétitivité nationale, attirer davantage d’investisseurs et densifier les chaînes de valeur au niveau régional.
Des plateformes locales en expansion depuis 2019
Pour renforcer la participation des acteurs de terrain, des plateformes locales du Dialogue Public-Privé ont été progressivement installées dans plusieurs villes du pays :
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San-Pedro (2019)
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Bouaké (2021)
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Korhogo (2025)
Mariam Fadiga Fofana, Secrétaire exécutive du CCESP, a mis en avant plusieurs avancées, notamment l’arrêté interministériel du 16 septembre 2023 créant officiellement les CLCESP, ainsi que les arrêtés préfectoraux d’application. Ces structures locales constituent aujourd’hui un instrument essentiel pour la co-construction des politiques économiques territoriales.
Selon elle, la fiscalité locale demeure un enjeu complexe :
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Le secteur privé dénonce la multiplicité et la lourdeur des taxes.
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Les collectivités, quant à elles, recherchent une autonomie financière accrue.
L’atelier de Yamoussoukro permet donc de concilier ces deux réalités en posant les bases d’un modèle fiscal plus juste et plus performant.
Vers une synergie renforcée grâce au Dialogue Public-Privé
Pour Sanissy Touré, vice-président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire, les pôles économiques ne peuvent se développer que si l’administration publique et le secteur privé travaillent main dans la main. Le Dialogue Public-Privé devient ainsi un espace stratégique où s’élaborent des solutions concrètes pour améliorer le climat des affaires.
Une fiscalité locale bien structurée et adaptée aux besoins des entreprises apparaît comme l’un des leviers les plus puissants pour :
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attirer les investisseurs,
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créer des emplois,
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renforcer la compétitivité régionale,
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dynamiser les économies locales,
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soutenir la décentralisation financière.
Cet atelier représente donc une étape déterminante pour construire des territoires plus attractifs et résilients.
La fiscalité locale, une clé pour l’avenir économique des territoires
En réunissant acteurs publics et privés autour d’une réflexion constructive, l’atelier de Yamoussoukro marque une avancée majeure pour le renforcement de l’attractivité territoriale.
Une réforme efficace de la fiscalité locale pourrait transformer durablement les pôles économiques ivoiriens, favoriser l’investissement et soutenir la transformation structurelle du pays.
Les recommandations issues de ce Dialogue Public-Privé contribueront sans aucun doute à définir un modèle fiscal moderne, inclusif et capable d’accompagner la croissance des collectivités sur le long terme.
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