Le 13 mai 2025, un tournant historique s’est produit au Mali : tous les partis politiques ont été dissous par décret présidentiel. Une annonce faite en direct à la télévision nationale ORTM par Mamani Nassiré, représentant du ministère de l’Administration territoriale. Cette décision, prise par le président de transition Assimi Goïta et sa junte militaire, bouleverse profondément la scène politique malienne et suscite une vive inquiétude tant sur le plan national qu’international.
Un coup de tonnerre dans la transition malienne
Depuis le coup d’État de 2021, le Mali vit sous une transition militaire dirigée par le colonel Assimi Goïta. Si cette transition promettait au départ un retour à l’ordre constitutionnel, la dissolution de tous les partis politiques semble prendre une direction inverse.
La junte justifie sa décision en invoquant la nécessité de réformes politiques profondes et de « préserver l’unité nationale ». Selon Mamani Nassiré, les partis politiques sont devenus des instruments de division, mettant en péril la cohésion sociale dans un contexte de lutte contre le terrorisme et de crise sécuritaire.
Vers une dérive autoritaire ?
Pour de nombreux observateurs et défenseurs des droits de l’homme, cette mesure s’apparente à une dérive autoritaire. Le pluralisme politique, pilier de toute démocratie, est désormais mis entre parenthèses. L’opposition dénonce un coup de force déguisé et évoque une dictature en construction.
Des manifestations spontanées ont été réprimées dans plusieurs villes, notamment à Bamako et à Sikasso. Des leaders politiques ont été arrêtés, et les libertés d’expression sont de plus en plus restreintes. Plusieurs médias internationaux, dont TV5 Monde, ont vu leurs correspondants restreints ou expulsés.
L’impact sur la démocratie et la société civile
La décision de dissoudre les partis politiques au Mali affecte directement la société civile, les militants, les électeurs et l’ensemble du processus démocratique. La Constitution malienne garantit la liberté d’association et le multipartisme. En suspendant cette garantie, le régime actuel prend le risque d’affaiblir durablement la démocratie.
Les analystes politiques s’accordent à dire que cette décision pourrait être le prélude à une réforme constitutionnelle imposée sans débat public ni consultation populaire. Le Conseil National de Transition (CNT), organe législatif contrôlé par la junte, pourrait jouer un rôle clé dans cette manœuvre.
Une décision qui isole davantage le Mali
Sur le plan international, les réactions ne se sont pas fait attendre. Des ONG comme Human Rights Watch et Amnesty International ont dénoncé une violation flagrante des droits de l’homme et des principes démocratiques. L’Union Africaine et la CEDEAO pourraient envisager de nouvelles sanctions si la situation ne s’améliore pas.
Déjà confronté à une crise politique, sécuritaire et économique, le Mali s’isole de plus en plus sur la scène régionale et mondiale. Cette décision pourrait également freiner l’aide internationale dont le pays a cruellement besoin.
Quelles perspectives pour l’avenir du Mali ?
L’avenir politique du Mali est plus incertain que jamais. La promesse d’élections en 2024 a été repoussée à plusieurs reprises. Avec la dissolution des partis politiques, il devient difficile d’envisager des élections libres, pluralistes et transparentes.
La population, quant à elle, oscille entre lassitude, peur et résignation. Certains expriment leur soutien à la junte, estimant que les anciens partis ont failli. D’autres, au contraire, craignent que le pays ne s’enfonce dans une dictature durable.
Un pays à la croisée des chemins
La dissolution des partis politiques au Mali par décret présidentiel marque une rupture grave dans le processus de transition démocratique. Alors que la population attendait un retour à la stabilité et à l’ordre constitutionnel, elle se retrouve face à un pouvoir militaire renforcé, peu enclin à partager le pouvoir.
Plus que jamais, le Mali est à la croisée des chemins. La communauté internationale, les forces vives de la nation et la société civile devront jouer un rôle crucial pour éviter que le pays ne sombre définitivement dans l’autoritarisme.
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