Présidentielle en Guinée 2025 : Entre promesse de transition et réalités inquiétantes

Présidentielle en Guinée 2025

La présidentielle en Guinée 2025 s’annonce comme un moment charnière dans l’histoire politique du pays. Après des années d’instabilité, marquées par un coup d’État militaire en 2021 et une gouvernance autoritaire de la junte, les autorités annoncent enfin des échéances électorales claires. Mais derrière cette communication optimiste se cachent de nombreuses interrogations, tant sur la sincérité de cette transition que sur la possibilité réelle d’organiser un scrutin libre et transparent.

Un calendrier électoral enfin annoncé

Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a profité de sa participation à l’Africa CEO Forum à Abidjan, le 12 mai 2025, pour dévoiler publiquement les grandes lignes du calendrier politique à venir. Selon ses déclarations, un référendum constitutionnel est prévu pour le 21 septembre 2025, suivi des élections présidentielle et législatives en décembre de la même année.

Ce double scrutin est présenté par le gouvernement comme l’aboutissement du processus de refondation de l’État guinéen. L’enrôlement de la population sur les fichiers d’état civil et électoral est en cours et mobilise l’ensemble des institutions concernées. Amadou Oury Bah affirme que « tout est fait » pour que les élections se déroulent à la fin de l’année.

Une transition sous surveillance

Initialement, la junte militaire dirigée par le général Mamadi Doumbouya s’était engagée à restituer le pouvoir à des civils élus avant la fin de l’année 2024. Mais cette promesse n’a pas été tenue. Aujourd’hui, le discours officiel met l’accent sur la stabilité retrouvée et les avancées économiques – comme le projet minier de Simandou ou l’ambition d’exporter de l’électricité – pour justifier ce nouveau calendrier.

Le problème ? La confiance est rompue avec une partie de la population, les partis politiques d’opposition, et la société civile. Depuis des mois, de nombreuses voix dénoncent une dérive autoritaire du régime, marquée par des arrestations arbitraires, des disparitions inquiétantes, et une répression violente des manifestations.

Disparitions inquiétantes et répression des opposants

Deux figures emblématiques de la société civile, Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah, sont portées disparues depuis juillet 2024. Le journaliste d’investigation Habib Marouane Camara, critique du régime, n’a plus donné signe de vie depuis décembre. L’opposant Abdoul Sacko a quant à lui été enlevé, torturé, puis évacué à l’étranger.

Ces faits renforcent le sentiment d’impunité qui entoure les actions du pouvoir. D’autant plus que plusieurs partis politiques ont été suspendus ou dissous, et que les médias privés indépendants sont muselés. L’espace démocratique guinéen est aujourd’hui plus que jamais fragilisé.

Une élection sous haute tension

Dans ce contexte, la présidentielle en Guinée 2025 risque de se dérouler dans un climat tendu. Les soutiens du général Mamadi Doumbouya, pourtant initialement exclu de la course par la charte de transition, militent désormais pour sa candidature. Une nouvelle Constitution pourrait lever les interdictions pesant sur les membres de la junte, ouvrant ainsi la voie à un scrutin biaisé dès le départ.

Les observateurs internationaux et les organisations de défense des droits humains appellent à la vigilance. Ils exigent des garanties claires sur la transparence du processus électoral, l’indépendance des institutions, et le respect des libertés fondamentales.

Quels enjeux pour la Guinée ?

La Guinée possède d’immenses ressources naturelles, mais reste l’un des pays les plus pauvres d’Afrique. Depuis son indépendance en 1958, elle n’a connu que des régimes autoritaires ou instables. La présidentielle de 2025 représente donc une opportunité cruciale : celle d’ouvrir enfin une ère démocratique durable.

Mais pour que cette échéance ne soit pas une simple opération de communication, plusieurs conditions doivent être réunies :

  • Libération des prisonniers politiques et clarification sur les disparitions.

  • Réouverture de l’espace civique et politique, avec la fin des interdictions de manifester.

  • Organisation transparente du processus électoral, sous supervision internationale.

  • Engagement clair du général Doumbouya à ne pas se présenter, conformément à ses promesses.

Entre espoir et prudence

La présidentielle en Guinée 2025 pourrait être l’occasion d’un véritable retour à l’ordre constitutionnel. Mais les signaux actuels laissent entrevoir un scénario où la transition ne serait qu’un mot, vidé de son sens.

Les Guinéens méritent une élection crédible, juste et inclusive. Il appartient désormais aux autorités d’en donner la preuve, et à la communauté internationale de ne pas se contenter de promesses.

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