Présidentielle 2025 au Cameroun : Paul Biya face au soutien du RDPC et à la mobilisation de Maurice Kamto

présidentielle 2025 au Cameroun

La présidentielle 2025 au Cameroun s’annonce comme l’un des scrutins les plus déterminants de l’histoire politique récente du pays. D’un côté, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) continue de montrer un soutien sans faille à Paul Biya, président en fonction depuis plus de quatre décennies. De l’autre, l’opposition, incarnée notamment par Maurice Kamto, intensifie sa mobilisation, notamment au sein de la diaspora. Ce contexte soulève de nombreuses questions sur l’avenir démocratique du Cameroun, la gestion des tensions anglophones et la capacité de l’État à renouveler sa gouvernance.

Un soutien massif à Paul Biya dans le Sud-Ouest anglophone

Le samedi 31 mai à Buea, chef-lieu de la région du Sud-Ouest, les élites locales du RDPC ont tenu un meeting haut en couleur pour exprimer publiquement leur soutien à une nouvelle candidature de Paul Biya pour l’élection présidentielle prévue en octobre 2025. La salle, décorée aux couleurs du parti, était remplie de militants, de groupes de danse et de discours enthousiastes.

« Nous affirmons notre soutien à la candidature du président Paul Biya et l’assurons de notre détermination à le soutenir, lui et le RDPC », a déclaré une militante. Cette déclaration résume bien l’ambiance générale de l’événement : la volonté de maintenir Paul Biya au pouvoir, malgré son silence persistant quant à sa propre candidature.

Une campagne coûteuse mais stratégique

Peter Mafany Musonge, ancien Premier ministre et figure influente du RDPC, a profité de cette occasion pour rappeler que « les activités électorales coûtent cher ». Il a ainsi lancé un appel à la générosité des partisans du parti pour financer les actions de campagne, en assurant que la transparence dans la gestion des fonds serait respectée.

Mais ce soutien inconditionnel soulève de nombreuses critiques, notamment de la part de la société civile locale. Dans une région toujours marquée par la crise anglophone qui perdure depuis 2017, certains activistes dénoncent le manque de priorité donné à la paix et au bien-être des populations.

Une diaspora mobilisée autour de Maurice Kamto

À des milliers de kilomètres, à Paris, c’est un tout autre meeting qui s’est tenu le même jour. Maurice Kamto, chef du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a rassemblé une foule nombreuse sur la place de la République. Objectif : mobiliser la diaspora camerounaise en vue de la présidentielle 2025.

Dans son discours, Kamto a promis une rupture avec le passé. Il s’est engagé à rétablir la binationalité, à faciliter les retours au pays et à faire de la diaspora un véritable levier de développement. Il a également promis l’accès à l’eau potable, à l’électricité et une refondation des institutions.

Le candidat de l’opposition a tenu à rassurer les partisans du président sortant : « Rien n’arrivera à M. Biya et sa famille, rien », a-t-il affirmé, dans un souci d’apaisement. Enfin, il a balayé les doutes concernant sa propre candidature, affirmant qu’« il n’y a aucun obstacle juridique » à sa participation à la prochaine présidentielle.

Un pays à la croisée des chemins

Le contraste entre les deux événements est saisissant. D’un côté, le pouvoir en place cherche à consolider ses bastions, notamment dans les zones historiquement sensibles comme le Sud-Ouest. De l’autre, une opposition déterminée tente de rallier les Camerounais de l’étranger pour faire pencher la balance.

La présidentielle 2025 au Cameroun s’inscrit donc dans un contexte tendu, marqué par la lassitude de certains citoyens face à un pouvoir jugé trop long, par l’espoir d’un changement incarné par une nouvelle génération de leaders politiques, et par une pression croissante de la communauté internationale pour des élections libres et transparentes.

Enjeux : stabilité, démocratie et crise anglophone

Trois grands enjeux définiront cette élection :

  1. La stabilité politique : avec un président au pouvoir depuis 43 ans, la question de la transition politique est centrale.

  2. La relance démocratique : les opposants demandent des réformes électorales profondes, une meilleure transparence et un accès équitable aux médias.

  3. La résolution de la crise anglophone : négligée par de nombreuses élites, cette crise continue de coûter des vies et de diviser le pays.

Maurice Kamto et d’autres voix de l’opposition veulent en faire une priorité, là où les partisans du RDPC préfèrent rester silencieux.

2025, l’élection de tous les défis

La présidentielle 2025 au Cameroun ne sera pas une simple formalité. Elle cristallise des attentes immenses, à la fois de l’intérieur du pays et de sa diaspora. Alors que le RDPC prépare le terrain pour une probable nouvelle candidature de Paul Biya, l’opposition s’organise, plus déterminée que jamais à proposer une alternative.

Les mois à venir seront décisifs pour le futur du Cameroun. Une chose est sûre : le peuple camerounais aura l’opportunité d’écrire une nouvelle page de son histoire.

Lire l’article complet sur : Cameroun anglophone : un plan de reconstruction pour tourner la page de la crise

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *