La révocation de Barthélémy Dias, maire de Dakar, a été officiellement notifiée, marquant ainsi un tournant décisif dans la carrière politique de l’opposant sénégalais. Cette décision intervient après plusieurs revers successifs pour l’ex-député et maire, qui perd ainsi son poste de maire de la capitale sénégalaise. La procédure, initiée par un militant du parti Pastef, soulève de vives polémiques et fait l’objet de critiques concernant sa légalité.
La décision de révocation : un enchaînement de revers pour Barthélémy Dias
Barthélémy Dias, ancien député et maire de Dakar depuis 2022, voit sa position fragilisée par une série d’événements judiciaires. Il avait déjà été déchu de son mandat de député la semaine précédente à la suite de la confirmation de sa condamnation en 2017 pour coups mortels. La procédure judiciaire qui a conduit à cette révocation a été enclenchée par Bayna Gueye, militant du parti au pouvoir Pastef, qui a saisi le préfet de Dakar en invoquant l’article L.277 du Code électoral sénégalais. Cet article concerne les incompatibilités préélectorales, mais des experts en droit ont rapidement pointé son inadéquation avec la gestion municipale.
Malgré les contestations de Barthélémy Dias et de ses soutiens, qui dénoncent un acharnement politique, la décision du préfet, confirmée par la préfecture, a conduit à sa démission forcée de son poste de conseiller municipal, une étape préalable à sa destitution en tant que maire. Le 13 décembre 2024, une notification officielle a été remise à Barthélémy Dias, validant ainsi sa déchéance de la mairie de Dakar.
Une procédure contestée par l’opposant
Barthélémy Dias n’a pas tardé à dénoncer cette décision qu’il qualifie de « manœuvre politique« . Selon lui, la procédure est illégitime et ne repose sur aucun fondement juridique valable. Il a d’ailleurs annoncé la tenue d’une conférence de presse pour s’expliquer sur cette situation qu’il considère comme une tentative du gouvernement de l’évincer de la scène politique sénégalaise.
Le principal argument avancé par l’opposant est que la décision de révocation repose sur une interprétation abusive du code électoral. En effet, l’article invoqué par les autorités sénégalaises ne correspond pas directement à une situation de révocation de maire, mais plutôt à des critères d’inéligibilité préélectorale. Cette ambiguïté juridique a été soulevée par plusieurs experts en droit, qui estiment que cette décision pourrait créer un précédent dangereux pour la politique locale au Sénégal.
L’avenir de Barthélémy Dias dans la politique sénégalaise
Malgré cette déchéance, Barthélémy Dias ne compte pas se laisser abattre. Son équipe, tout en ne confirmant pas officiellement cette nouvelle révocation, continue de clamer son innocence et de dénoncer une tentative d’intimidation politique. Avec la perte de son poste de maire et de conseiller municipal, l’opposant se retrouve désormais au cœur d’une bataille judiciaire et politique qui pourrait bien redéfinir sa carrière.
Le climat politique sénégalais continue d’être tendu, avec des accusations réciproques de manipulation et de justice politique. Les prochaines étapes du dossier détermineront sans doute l’avenir de Barthélémy Dias et de sa capacité à peser dans les débats politiques du pays.
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