Élection présidentielle Cameroun 2025 : Bello Bouba Maïgari brise l’alliance avec Biya et entre en course

élection présidentielle Cameroun 2025

L’élection présidentielle Cameroun 2025 s’annonce déjà comme un tournant historique. Ce samedi 28 juin, Bello Bouba Maïgari, ancien Premier ministre et figure emblématique de la vie politique camerounaise, a annoncé officiellement sa candidature. À 78 ans, ce vétéran de la scène politique rompt ainsi avec le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) et son chef, le président Paul Biya, avec qui il entretenait une alliance stratégique depuis près de trois décennies.

Une candidature surprise… ou presque

La décision a été dévoilée à l’issue d’une réunion du comité central de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), parti que dirige Bello Bouba. Face à la presse réunie à Yaoundé, le ministre d’État a déclaré, après approbation de son parti :

« J’ai accepté d’être candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2025. »

Cette annonce met fin à 28 années de soutien ininterrompu au président Biya. Depuis 1997, l’UNDP avait pris part à la majorité présidentielle, s’effaçant progressivement du paysage de l’opposition. Mais cette fois, la pression de la base militante et le contexte politique tendu ont fait pencher la balance.

Le Grand Nord : un bastion électoral en recomposition

Originaire du Nord, comme Issa Tchiroma Bakary, lui aussi récemment candidat déclaré à la présidentielle après avoir quitté le gouvernement, Bello Bouba Maïgari relance la dynamique politique dans cette région qui représente environ 40 % du corps électoral camerounais.

Pendant longtemps, le Grand Nord a été un bastion électoral du RDPC, garantissant des scores élevés à Paul Biya lors des élections. Mais avec les départs de figures influentes comme Tchiroma et Bouba, ce socle se fissure. Pour la première fois depuis 1992, le président Biya pourrait se retrouver confronté à un ancien allié dans l’un de ses principaux viviers de voix.

Une décision bien accueillie par la base de l’UNDP

Cette candidature de Bello Bouba semble revigorer l’UNDP. De nombreux militants estiment qu’elle marque un retour aux valeurs fondatrices du parti, longtemps perçues comme compromises par l’alignement sur le pouvoir en place.

Maïdadi Saidou, secrétaire national à la communication de l’UNDP, y voit un moment de « réconciliation entre la base et la direction du parti », ajoutant que cette dynamique pourrait créer des alliances nouvelles dans l’opposition. Une position partagée par Nathalie Yaptieu, membre du comité central, qui affirme avec confiance :

« Nous avons un très grand électorat. Nous sommes prêts à gagner. »

Le flou autour de la candidature de Paul Biya

Pendant ce temps, le président Paul Biya, 92 ans, n’a toujours pas confirmé s’il sera candidat à sa propre succession. L’incertitude qui entoure sa participation nourrit les spéculations et encourage les ambitions.

La multiplication des candidatures — Maurice Kamto (MRC), Cabral Libii (PCRN), Joshua Osih (SDF), Serge Espoir Matomba (PURS), et maintenant Bello Bouba Maïgari — laisse présager une élection plus ouverte que jamais. Mais aussi plus fragmentée.

Quelles perspectives pour 2025 ?

L’enjeu de l’élection présidentielle Cameroun 2025 dépasse la simple compétition électorale. Il s’agit d’un moment de vérité pour un régime au pouvoir depuis plus de 40 ans, dont les piliers montrent des signes évidents d’usure. La rupture de Bello Bouba, après celle de Tchiroma, peut être lue comme un signe de désaffection profonde au sein même de l’élite politique proche du pouvoir.

Le Cameroun se dirige-t-il vers un changement pacifique par les urnes ? Le départ progressif de figures emblématiques du régime en place annonce-t-il une transition imminente ? Ou assiste-t-on simplement à un repositionnement stratégique de certains acteurs, en attendant de nouvelles alliances ?

Un tournant à ne pas sous-estimer

Quoi qu’il en soit, la candidature de Bello Bouba Maïgari relance le débat démocratique et ouvre la voie à de nouveaux équilibres politiques. Alors que le pays retient son souffle, l’électorat du Nord, longtemps verrouillé, pourrait bien devenir le juge de paix de l’élection présidentielle Cameroun 2025.

Lire l’article complet sur : Démission de Issa Tchiroma : un séisme politique à quatre mois de la présidentielle au Cameroun

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